Cet escargot qui court au loin

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Faut pas gacher l’art !

Et pendant que son corps se mêlait à son corps, le pianiste terminait son repas.

Et au moment où elles crièrent, il ouvrit son piano et joua quelques notes, l’hymne à l’amour, juste le début.

Et alors qu’elles s’écroulèrent côte à côte, épuisées mais extasiées, il tomba, la tête en avant sur le clavier. Une balle dans le crane et un filet rouge qui s’écoulait sur les touches blanches et noires.

Je sauçais mon assiette de boeuf bourguignon, tout en lisant le dernier roman de Guillaume Musso. Je n’aime pas qu’on me dérange lorsque je dine et que je lis.  C’est entre autre pour cette raison que je revendique mon célibat. J’aime la tranquillité.

Et je les ai entendu. Les deux voisines d’en face. Leur cri animal. Comprenant que leur orgie allait continuer, je décidai de jouer un peu au piano.

Pan ! Brozzzrooommmmm !

Accoudée au balcon, elle prenait le frais, regardait la lune tout en haut et les passants tout en bas. C’est quand elle écrasa sa cigarette qu’elle les entendit. Les voisines remettaient ça. Les veinardes.

Elle ‘en ralluma alors une autre, pour profiter encore un peu de leur musique. C’est alors qu’il décida de s’y mettre. Putain de piano, putain de pianiste. Mauvais, mauvais, mauvais.

Pour une fois, elle allait bosser gratos, un peu de bénévolat dont tout le quartier lui sera reconnaissant, sans même le savoir. Descendre un étage, crocheter la porte, appuyer sur la gachette. Et remonter, prendre l’air à la fenêtre et deviner les ombres soupirer derrières les rideaux tirés.


Posté le : 04 juil 2010 à 00h00
par La mouette et la muette
Posté dans notes |

Noire et blanche


Posté le : 30 juin 2010 à 12h12
par La mouette et la muette
Posté dans couleur |

Bricomerlin

Maintenant, sur ton cadenas, tu as mon cul, ma chatte et mes lèvres.

Maintenant, j’ai encore un peu plus de toi, que je peux emmener secrètement entre mes seins.

Plus tard, je te redonnerai peut-être la clef pour te libérer. Plus tard, tu essuieras peut-être le cadenas, m’effaçant un peu.

Plus tard, tu me redonneras la clé, et je l’enfermerai au creux de mon poing. Plus tard, peut-être, c’est toi qui vêtira mon cadenas.

Maintenant, viens, toi et ton cadenas tout froid contre moi, attache-toi à moi,  et dis-moi, dis-moi que tout fini pas comme ça.


Posté le : 17 mai 2010 à 11h11
par La mouette et la muette
Posté dans dial |

La gentille infusion

- Tu veux une infusion ? Avec du thym et du citron vert. C’est gentil une infusion,  c’est bon pour ce que tu as.

- Oh oui, merci, c’est gentil.

- Tu veux du sucre, dans ton infusion ?

- Oh oui, merci, c’est gentil. Tu es vraiment très gentille, et tes infusions sont un peu bizarres mais c’est bon pour ce que j’ai.

- Tu veux écrire quelque chose ?

- Euh, non merci, tu as tout dit je crois … Tu veux concurrencer les blogs pourraves ou quoi ?

- Ok. Et maintenant, tu veux une infusion ?

- “Ho oui c’est gentil” me fais-tu répéter. Oui, une infusion, merci c’est gentil. Voilà je t’ai mis tes deux mots fétiches. Tiens, le chocolat est là.

- Ho merci c’est gentil. Alors, tu la veux l’infusion ??

- Ho putain lâche-moi avec ton infusion et baise moi ! Et pas gentiment !


Posté le : 16 mai 2010 à 23h23
par La mouette et la muette
Posté dans dial |

Terre ?

Matin, n°1, bureau : des paquets de tabacs vides sous des boites de médicaments pleines, un téléphone sans fil, un téléphone portable, quelques CD achetés dans le commerce et quelques DVD gravés, des paquets de bonbons et gateaux éventrés, une ballerine accroupie qui tourne le dos à une webcam qui ne révèle plus rien à personne désormais.

Matin n° 2, lit : deux boites noires sur lesquelles trônent des dossiers non clos, des bandes dessinées empruntées à la médiathèques, une basket kaki qui a perdu sa paire, des écrases merde au rose délavé, un exemplaire neuf de L’attrape-coeur, un stylo à encre noire, un verre à moitié plein ou à moitié vide d’Orangina, un rouleau déroulé d’essuie tout, et un portable qui n’a plus aucun intérêt lorsqu’il annonce un sms le soir.

Midi, n°3, lit : deux paires d’yeux, fermés et que rien ne dérange. Deux corps allongés, qui, la veille, malgré tout et contre tout, ont fait l’amour la veille. Deux endormies qui bravent l’attaque féroce des réveils qui veulent les projeter là-bas.

Midi, n°4, cuisine : l’eau qui bout dans la casserole pour préparer le café, deux verres qui sentent le rhum, la menthe et le citron vert, un bol dans lequel nagent trois noyaux d’avocats, une boite de vitamine C, un panneau annonçant une voie en travaux chipé dans une voie en travaux, la musique s’échappant de l’ordinateur,  deux bouches qui s’embrassent pour se dire bonjour.

Soir, n°5, cuisine : du produit contre les cafards et des cachets contre le cafard. Des pois cassés et un bol ébréché. Deux assiettes et deux ventres prêts à être remplis, deux verres prêts à être vidés.

Soir, n°6, chambre : un gode à partager, un foulard noir pour les yeux, deux boxers égarés, une ceinture abandonnée. Des effluves, et des souvenirs de soupirs qui flottent encore.

Nuit, n°7, appartement :  personne dans le bureau, le salon, la cuisine, la chambre, ni même la salle de bain. Sur le balcon, peut-être ? Chut …


Posté le : 11 mai 2010 à 02h02
par La mouette et la muette
Posté dans journal |

Tic & tac

Les idées saugrenues.

Les remous dans le ventre.

Les mains abandonnée.

L’ennui.

Les gens pales.

Les yeux fermés,  la musique dans les oreilles, tu danses sous mes paupières closes.

Le bercement du train, qui m’éloigne de toi qui dort encore.

Les idées noires.

Les piqures  dans la jambe.

Le corps abandonné.

L’ennui.

Les gens de pixels.

Les yeux ouverts, la musique dans les oreilles, tu danses dans mes méandres.

Le ronronnement de la tour, qui m’éloigne encore du réel.

Reviens vite.


Posté le : 05 mai 2010 à 12h12
par La mouette et la muette
Posté dans Non classé |

Live #2

L’amante religieuse

  • Bon, je fais un bébé maintenant.
  • Déjà ?
  • Oui, comme ça je tue le mec tout de suite.

Posté le : 04 mai 2010 à 22h22
par La muette
Posté dans dial |

Live #1

Partage

  • Quand je te fais mal, t’as le droit de me faire mal aussi.
  • Oui, mais toi, t’aimes bien !

Posté le : 30 avr 2010 à 22h22
par La mouette et la muette
Posté dans dial |

Shane

Ce titre, c’est d’l'arnaque.

Essaie.

Chêne.

Essaie.

Chaine.

J’peux pas. Là, j’ai besoin de toi.

Je veux bien. Je suis là.

Shane  s’enchaîne à un chêne.

Tu vas hausser les épaules, et puis tu diras: “c’est n’importe quoi”. Je confirmerai, alors on effacera ce post ou bien on le classera dans brouillon parmi quelques autres.

Mais sinon tu peux réessayer, sinon je peux aussi me concentrer un peu.

Essaie.

Un chêne enraciné dans l’asphalte, au milieu d’une route, à cinq mètres du passage piétons où …

Non non non. Là, t’es pas concentrée, t’enchaîne des mots. Remarque, c’est un peu le thème … T’es pas concentrée, t’es absorbée par la fille blonde un rien garce qui se balade dans l’autre écran.

Bon, dommage, parce que “Shane, chêne, chaine” m’inspiraient bien des choses.

Tu me raconteras ?


Posté le : 16 mar 2010 à 03h03
par La mouette et la muette
Posté dans Non classé |


Posté le : 12 fév 2010 à 22h22
par La muette
Posté dans notes |